Être élu local, c’est endosser une mission qui va bien au-delà d’une simple fonction administrative. C’est s’engager, au quotidien, pour améliorer la vie des habitants, régler les problèmes concrets, animer la commune, porter des projets qui laisseront une trace. Dans les petites comme dans les grandes villes, un élu agit à hauteur d’homme : il inaugure une aire de jeux, sécurise un carrefour, soutient les associations, protège un espace naturel. Cet engagement s’accompagne d’une reconnaissance symbolique : celle d’avoir été choisi par ses concitoyens pour incarner leur voix. C’est aussi une école de compétences, où l’on apprend aussi bien à manier les finances qu’à dialoguer avec l’État ou à gérer des crises imprévues. Bref, c’est un mandat qui porte en lui une noblesse particulière : celle de servir.
Pourtant, derrière cette image d’Épinal, une réalité plus sombre s’impose. Depuis le début du mandat municipal en 2020, la France connaît une vague inédite de démissions d’élus locaux. Les chiffres donnent la mesure du phénomène : 2 189 maires ont quitté leur poste avant la fin de leur mandat, soit en moyenne 417 par an. À titre de comparaison, entre 2008 et 2014, on en comptait à peine 129 chaque année. Le record a été atteint en 2023, avec 613 départs, ce qui représente environ 6 % des maires élus en 2020. C’est plus d’une démission par jour.
Les raisons de ces départs varient, mais une tendance se dessine. Selon les enquêtes, 31 % s’expliquent par des tensions politiques au sein même du conseil municipal : rivalités, désaccords profonds, fractures personnelles. D’autres choisissent de partir par anticipation, dès le départ, en attendant qu’un successeur prenne la relève (13,7 %). Les problèmes de santé pèsent aussi (13,1 %), tout comme le cumul des mandats, la fatigue morale, ou la difficulté de concilier vie personnelle et engagement public. Mais derrière ces motifs se cache une réalité plus diffuse : l’usure.
Être maire ou conseiller municipal aujourd’hui, c’est affronter une inflation réglementaire qui rend chaque décision plus complexe. C’est se retrouver parfois seul face à des injonctions contradictoires, à des citoyens plus exigeants et, hélas, parfois plus agressifs – les incivilités envers les élus ont bondi de 50 % en deux ans.
À ce climat de tension s’ajoute un sentiment de manque de reconnaissance, notamment de la part de l’État, avec des relations souvent perçues comme verticales et peu coopératives. Dans les petites communes, certains maires acceptent la fonction par devoir, le temps de trouver un remplaçant, ce qui explique aussi une partie des démissions.
Ce malaise des élus locaux est préoccupant. Car si la fonction se vide peu à peu de ses volontaires, c’est l’ensemble de la démocratie de proximité qui vacille. Et dans un contexte où les élections municipales de 2026 approchent, la question est plus que jamais d’actualité : comment rendre cette mission à nouveau attractive ? Comment protéger ceux qui, par conviction et par attachement à leur territoire, acceptent de donner de leur temps, de leur énergie et parfois de leur sérénité ?
À Aimer Pont-Péan, nous savons qu’être élu local n’est pas un chemin toujours facile : il faut du temps, de l’énergie et souvent affronter des défis inattendus. Mais nous croyons aussi qu’il n’existe rien de plus fort que l’envie de servir sa commune et de contribuer à son avenir. C’est cette motivation qui nous rassemble aujourd’hui, une équipe nouvelle portée par la passion de Pont-Péan et de ses habitants. Ensemble, faisons vivre cet engagement.
Merci, d’aimer Pont-Péan avec nous!









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